PMA : de femmes guerrières à mères courage, des vies bouleversées pour l’amour d’un enfant

SOMMAIRE DE L'ARTICLE :

  • La PMA en France
  • Chouchouter son corps pour lui offrir la résilience

En France selon les derniers chiffres publiés en 2018, 758 590 bébés sont nés dont 25 120 (3,3 %) grâce à la PMA. Un chiffre en constante augmentation depuis la première naissance par fécondation in vitro en 1982. Malgré cela, les « bébés éprouvettes » nés cette année-là ont demandé près de 150 000 tentatives d’inséminations à leurs parents. Un chiffre qui donne à la fois le vertige et une idée de la force nécessaire à tous les couples qui se lancent dans un parcours de procréation médicalement assistée. Une conviction d’autant plus forte que le pourcentage moyen de réussite des FIV et inséminations artificielles reste relativement faible, entre 10 à 25 %.

La PMA en France

On parle de procréation médicalement assistée (PMA) ou d’assistance médicale à la procréation (AMP) lorsqu’il est question de permettre ou de faciliter la rencontre entre un ovocyte et des spermatozoïdes, en vue d’obtenir une grossesse. Au même titre que l’adoption, la PMA fait partie des solutions disponibles en France pour remédier à l’infertilité.

Qui peut en bénéficier ?

La première loi française relative au « don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal », date de 1994. À l’époque, elle ne concerne que les couples hétérosexuels qui rencontrent des difficultés pour concevoir un enfant.

Depuis, la loi de bioéthique promulguée en août 2021 est venue dépoussiérer les codes. La PMA est dorénavant ouverte non seulement aux couples hétéros, mais aussi aux couples lesbiens et aux femmes seules, et ce, qu’elles présentent ou non des problèmes de fertilité. C’est l’avènement de la « PMA pour toutes ».

Comment se lancer dans une procédure de procréation médicale assistée ?

Globalement, le parcours pré-PMA est le même pour tous et toutes. Un bilan de fertilité est réalisé chez les couples lesbiens ou les femmes seules qui ne présentent à priori pas de troubles pour concevoir un enfant.

De leur côté, après 12 à 24 mois d’essais bébé infructueux, les couples hétérosexuels réalisent un bilan d’infertilité qui détermine quand c’est possible, la cause médicale, génétique, andrologique, gynécologique… du trouble.

Pour tous, c’est le début d’un long parcours, souvent fatiguant, éprouvant émotionnellement, semé de rendez-vous médicaux, de dates, d’horaires, de contraintes, d’examens, de tests, de questions, de doutes et de remises en question.

Différentes techniques de PMA selon les profils

En fonction des causes de l’infertilité et du profil du couple ou de la future mère, trois techniques de procréation médicalement assistée peuvent être proposées.

  • L’insémination artificielle
  • La FIV
  • L’accueil d’embryon

L'insémination artificielle est la plus ancienne et de la moins invasive des trois méthodes. C’est aussi souvent par là que débutent les parcours de PMA. Elle requiert d’un côté que les trompes utérines de future maman soient saines et de l’autre, la collecte des spermatozoïdes de son conjoint, ou d’un donneur. Les gamètes masculins sont ensuite introduits directement à l’intérieur de l’utérus féminin pour favoriser une fécondation naturelle.

La fécondation in vitro se déroule quant à elle à l’extérieur du corps féminin. L’ovocyte et le spermatozoïde se rencontrent en laboratoire, avant d’être implantés dans l’utérus pour s’y développer.

La FIV peut aussi être une fécondation in vitro avec ICSI (Intracytoplasmic Sperm Injection). Dans ce cas, au lieu de laisser les spermatozoïdes s’implanter spontanément dans l’ovocyte, une micro-injection est utilisée pour introduire directement le meilleur spermatozoïde, au meilleur moment. L’embryon ou les embryons qui en résultent peuvent ensuite être déposés dans l’utérus pour se développer.

À noter que la FIV peut être pratiquée avec le sperme d’un donneur, l’ovule d’une donneuse, ou, dans certains cas, dans le cadre d’un double don de gamètes.

En France, l'accueil d'embryon est la technique de procréation médicale la moins utilisée. En effet, elle intervient principalement en cas d’échec des autres méthodes, en cas de risque de transmission d’une maladie génétique ou pour accompagner les femmes célibataires et infertiles dans leur désir de grossesse.

Ici, l’embryon implanté dans l’utérus de la receveuse provient de donneurs anonymes qui n’ont plus de projet parental, ou qui ont fait le choix du don.

Ces différentes procédures sont généralement précédées d’un ou de plusieurs cycles de stimulation ovarienne, d’abord par voie orale puis par injections. Souvent mal vécus car émotionnellement compliqués et douloureux, ces moments rendent le quotidien des futurs parents et des futures mamans, difficile et parfois violent psychologiquement. Pour l’amour de leur enfant à concevoir, ces femmes puisent et mobilisent tout le courage qu’elles ont en elles.

PMA et filiation : des mères, des pères et des enfants

Comme c’est le cas pour les bébés conçus naturellement, la filiation est automatique pour les couples hétérosexuels mariés, qui ont recours à une PMA sans donneurs. Les concubins et les couples pacsés doivent procéder à une reconnaissance de paternité.

Pour les couples de femmes, un passage devant le notaire est nécessaire pour établir une reconnaissance conjointe et anticipée de l’enfant à naître. Ainsi, puisque la filiation entre la femme qui accouche et son enfant est établie par l’acte de naissance, les deux femmes sont mères à part entière de leur enfant.

Les couples lesbiens qui ont eu recours à une PMA à l’étranger avant le 3 août 2021 peuvent, jusqu’au 3 août 2024, eux aussi passer devant le notaire pour une reconnaissance conjointe de leur enfant.

Chouchouter son corps pour lui offrir la résilience

Stimulations ovariennes, injections d’hormones, suivi médical, ponctions folliculaires, anesthésie générale, transferts d’embryons, prises de sang… Pour qu’il accueille la vie, la PMA met le corps des femmes à rude épreuve. Le corps et le cœur d’ailleurs.

En 2017, l’INSERM publiait les chiffres suivants : selon la technique utilisée, les chances de tomber enceinte varient de 10 % à 22 % environ par essai. On sait également que l’âge est un facteur essentiel à la réussite d’un processus d’insémination artificielle ou de fécondation in vitro. Avant 30 ans, la probabilité est beaucoup plus élevée qu’après 40 ans. Or, en France, l’âge moyen de la mère à la naissance de son premier bébé est de presque 29 ans. C’est pourquoi, en cas de difficultés à procréer, il est recommandé de consulter rapidement.

Parce que les parcours de PMA sont longs, fatigants, éprouvants, faits d’espoirs et de déceptions toujours difficiles à encaisser, prendre soin de son corps et de son esprit avant même la première insémination est primordial. Et parce que, sauf exception, le corps médical sera débordé et peu à l’écoute, c’est à chaque femme de s’entourer des bonnes personnes et d’un cocon de bienveillance, dès que possible.

Pratiquer la naturopathie pour atténuer les effets des traitements

La naturopathie tend à équilibrer l’organisme grâce à différentes méthodes, toutes naturelles comme un changement d’alimentation, la pratique du jeûne, ou encore l’utilisation de la phytothérapie. En tant que professionnel de santé, le naturopathe accompagne ses patients vers l’autonomie en santé et le rétablissement de leurs capacités d’autoguérison.

Aussi, pour préparer le corps féminin au parcours de la combattante qu’est la PMA, optimiser son alimentation et son hygiène de vie est un plus.

Par exemple, les protéines et les oméga 3 accompagnent la fabrication des hormones, tandis que les aliments complets ou les fruits et légumes de saison enrichissent une alimentation anti-inflammatoire favorable au bon fonctionnement de l’organisme.

Profiter des bienfaits de l’acupuncture pour préparer son corps à accueillir un bébé

La médecine chinoise s’intéresse à l’équilibre du corps dans sa globalité. Parmi ses différentes spécialités se trouve l’acupuncture et ses nombreux bénéfices, notamment en termes de fertilité et de maternité.

En amont de la grossesse et pendant celle-ci, plusieurs points sont intéressants à travailler. L’acupuncture permet en effet de réguler les troubles du cycle féminin comme les douleurs des règles ou les spottings. Également, elle favorise la croissance des follicules, la production d’ovocytes, la qualité de la glaire cervicale et la vascularisation de l’endomètre, pour une meilleure nidation.

Ainsi, deux points font partie des plus utilisés en médecine chinoise obstétrique : l’un prépare le corps à recevoir et accueillir la vie, tandis que l’autre favorise la venue au monde d’un bébé apaisé.

Se rapprocher d’une doula pour évoquer votre parcours ensemble

La doula, du grec ancien « esclave femme », faisait au temps de Socrate, partie des domestiques de maison. Plus particulièrement dédiée aux soins de sa maîtresse, elle l’accompagnait notamment en période de grossesse et au moment de l’accouchement.

Aujourd’hui, la doula tient plutôt le rôle de coach spirituel ou de guide pour les futures et les jeunes mamans, mais aussi pour leur famille proche, leur conjoint ou leurs enfants. En dehors du cercle médical et parallèlement à la sage-femme, elle guide, rassure, soutien, informe, partage, transmet et reste à 100 % disponible et à l’écoute des besoins et des émotions.

Dans le cadre d’un parcours de PMA, ou hors de ce cadre justement, la doula, et plus spécialement la « fertility doula » peut être d’une aide précieuse. Avec elle, il est possible d’évoquer la difficulté d’un protocole strict, la douleur physique, le désir d’enfant, l’envie face aux autres femmes enceintes, l’incompréhension, la culpabilité aussi peut-être face à l’infertilité

Consulter l'annuaire des doulas en France.