Prématurité des bébés : comment l’expliquer en douceur, avec des mots d’enfants - Élhée

Prématurité des bébés : comment l’expliquer en douceur, avec des mots d’enfants

 

Avoir un petit frère ou une petite sœur, dans la vie d’un enfant c’est un grand bouleversement. « Doucement », « fais bien attention », « laisse-le un peu se reposer », il faut prendre des précautions. Mais, comment faire quand, à la maison, ce grand changement se passe différemment ? Pourquoi le bébé ne rentre-t-il pas ? Pourquoi est-ce qu’il ne respire pas tout seul ? Quand va-t-il aller mieux ? Accueillir un bébé né prématurément n’est jamais simple, mais relever le défi et l’expliquer à vos autres enfants nés avant lui, relève parfois du tour de force. Comment parler de prématurité, d’un bébé né trop tôt, de ses traitements hospitaliers ? Après plusieurs mois de grossesse, comment aider les tout petits à comprendre et à accepter le temps long de la néonatalogie ?

À 5 ans, la prématurité c’est quoi ?

En France, chaque année, 7 % des bébés naissent prématurément, soit avant 37 SA (semaines d’aménorrhée). Pourtant, trouver les mots pour parler aux plus jeunes de cette arrivée bousculée reste compliqué. Durant toute votre grossesse, le bébé a fait partie du quotidien, vous avez annoncé sa date de naissance remplie d’impatience. Puis, vous êtes partie en direction de la maternité, mais le nouveau bébé n’est pas rentré. Il doit rester au service de néonatalité.


Si l’équipe médicale qui a pris en charge votre nouveau-né vous a expliqué son état de santé et le déroulement des prochaines semaines, parler simplement de soins, de développement, de complications, de séquelles et parfois de pronostic avec vos autres enfants peut être difficile, tant techniquement qu’émotionnellement.

Vous pouvez par exemple dire que le nouveau bébé est en avance. Et parce qu’il n’a pas eu tout le temps dont il avait besoin, des choses simples comme respirer sont compliquées pour lui. Il doit prendre des forces à la maternité, bien dormir et bien manger. Une fois qu’il sera suffisamment costaud comme ses frères et sœurs, vous pourrez le ramener.

Le service de néonatalité : une rencontre impressionnante pour tous

Vous-même n’y êtes pas habitué. Le service de néonatalité, son atmosphère calme et feutrée, le bruit des machines, les tout petits bébés installés dans leur couveuse, les personnels médicaux gantés et masqués, les autres parents eux aussi équipés, aux visages parfois préoccupés… La première rencontre entre vos enfants – quand elle est possible – peut être impressionnante et même inquiétante si elle n’est pas anticipée.


Souvenez-vous combien la prématurité de votre enfant vous a angoissé après votre accouchement. Combien les fils et les capteurs reliés aux machines qui l’aident à respirer ou à s’alimenter vous ont bouleversés.


Pour la première toilette et le premier câlin peau à peau, vous ne saviez pas où placer vos mains, comment prendre votre bébé dans vos bras, ni même comment vous en approcher. Vous aviez peur de lui faire mal, de mal le manipuler et de débrancher quelque chose d’important. C’est la même chose et bien plus encore pour votre enfant.


Commencez par dédramatiser la présence de tous ces équipements. Les petits tuyaux dans le nez – la sonde nasale à oxygène – sont comme deux petits tubas. Ils permettent à bébé de bien respirer, comme à la mer. Les petits autocollants en forme de fleurs sur sa poitrine ? Ce sont des électrodes, elles sont utiles parce qu’elles remplacent nos oreilles pour écouter son cœur.

Créer des liens avec ce petit bébé qui grandit un peu loin

Vous habitez loin du service spécialisé de réanimation néonatale où votre bébé prématuré est gardé, son stade de prématurité n’autorise pas les visites, vos enfants sont enrhumés et les bébés nés trop tôt doivent être préservés des microbes… Les raisons qui compliquent et empêchent les visites de la fratrie au nourrisson prématuré sont nombreuses.


Aussi, quand les contacts physiques et les regards ne sont pas possibles, utilisez la technologie et la créativité pour faire passer l’émotion et les messages. Prenez des photos de votre enfant (en mode silencieux et sans flash) ou réalisez des vidéos quand vous pouvez le prendre dans vos bras, au moment du change, ou à chaque nouvelle étape franchie par votre nouveau-né. 


De l’autre côté, demandez à votre aîné(e) de dessiner, d’enregistrer une berceuse ou de confectionner de petites décorations pour égayer la couveuse et la chambre du service de néonatalité.


Imaginez ensemble un journal de bord de la prématurité. Tout aussi utile à votre bébé une fois grand qu’à votre premier enfant, il permet de recueillir et de conserver les émotions de la famille, de les transcrire en images.


Température régulée, respiration autonome, premier câlin, premier biberon… Tout peut être imagé pour votre nourrisson prématuré. Ajoutez à cela un dessin de la maison, de la chambre qui l’attend, de la famille au grand complet avec pourquoi pas, le poisson rouge sur la commode et le chien dans le jardin. Vous obtenez petit à petit un journal intime que votre enfant peut utiliser pour raconter les premières semaines de son petit frère ou de sa petite sœur, aux grands-parents émerveillés et eux aussi impatients. 

Parler, expliquer, lire, montrer, pour apaiser

Déposés chez leur nourrice, gardés par des amis ou par papy et mamie pour que vous puissiez vous rendre chaque jour à la maternité, les plus grands peuvent se sentir oubliés ou un peu jaloux de ce nouveau bébé qu’ils ne voient pas et qui accapare toute l’attention.


De votre côté, malgré les conseils de la maternité et l’amour que vous portez à vos enfants, vous apprécierez l’aide d’un support, d’une trame pour savoir par où commencer avec eux, l’histoire de votre bébé prématuré.


Pensez aux livres ! Leurs auteurs, sensibilisés ou concernés par le sujet de la prématurité, grâce à des mots doux et des dessins simples, accompagnent la réflexion des parents et des enfants. Pour une petite pause lecture ou pour un moment câlin, nous avons sélectionné pour vous quelques ouvrages autour des naissances prématurées, de la néonatalité et des nombreuses questions que peuvent se poser les enfants. Dites-nous si vous les avez lus et s’ils vous ont aidés.


      • Un si petit frère, Marie-Sophie Vermot, Florence Silloray, éd. Milan
      • Il n’est jamais trop tôt pour dire je t’aime, Angela Portella, Marie Bretin, éd. Larousse Jeunesse
      • Ma petite sœur s’appelle Prématurée, Sabine Panet, Pauline Penot, éd. L’Ecole des Loisirs
      • Le petit frère de Lola est arrivé en avance, Charlotte Bouvard, Alexandra Brijatoff, par l’association SOS Préma
      • Un conte pour Eva-Luna ou l’histoire d’une petite sœur un peu trop pressée de venir au monde, Martel Guevara Violaine, éd. L’Harmattan
      • Le petit frère de Lily est né, mais il n’est pas à la maison, guide édité par l’association Sparadrap
      • Ma courageuse petite sœur, Deborah Le Meur, Sylvain Depitout, éd. Les Presses du Mid
      • Trop tôt, Célia Chauffrey, ed. Pastel
      • Petit mais costaud, Virginie Le Pape, Maud Legrand, éd. BéBés en avance
      • Né trop tôt, Anne Pardou, Christian Merveille, Josse Goffin, éd. Mijade



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